Tutorial: apprendre à ne pas répéter les erreurs du passé
_Alors, meugla Jane en brandissant son instrument de torture, vous allez- vous décider, je peux la couper maintenant?
Heureusement, Mary- Krismas et Koca- Nina de la bande de Consuela attrapèrent celle qui se prenait pour le roi Salomon et la ramenèrent illico dans sa cellule.
Quand elles revinrent, ils se passa un truc incroyable. Elles riaient et parlaient entre elles: une hermana Encarceladadel Carmen et une sister Apocalypse Now For God
échangeaient des mots sans se taper dessus! On avait pas vu ça depuis... depuis jamais.
La nouvelle ne tarda pas à se répandre dans toute la prison. Et on disait que c'était grâce à moi, alors que je n'avais rien fait. Les deux filles qui m'avaient sauvée, c'était elles qu'il
fallait remercier pour ce moment de fraternité pure. On commença de plus en plus à s'interesser à moi et à ce que je faisais. Faut dire qu'il n'y a pas grand chose à faire en taule si on aime pas
lire, regarder la télé, faire de la gym et le saphisme.
Un jour, je faisais des listes sur mon cahier. Une Sister intriguée me demanda ce que j'étais en train de faire.
Je lui expliquais que je profitais de ce séjour à l'ombre pour m'éclairer sur mes erreurs du passé, et je lui expliquais:
Tu vois cette colonne intitulée "garçons", je vais mettre là- dedans tous les prénoms des types qui m'ont plû, avec qui j'ai flirté ou couché. D'ailleurs, tiens , à coté je fais une colonne "coup
de coeur" pour mes béguins platoniques, et là une colonne "coup de langue" pour les simples flirts et enfin une colonne, "bon coup" et "mauvais coup" et enfin une colonne" a bien voulu rester la
nuit avec moi après coup". Et après je coche dans la case correspondante. A la fin, tu fais les totaux. Puis tu réfléchis:
- Tu réfléchis à quoi? me demandèrent en choeur la dizaine de filles de tous gangs qui nous entouraient pleines de curiosité.
-Sur le sens ou non- sens de tout ça.
- C'est vraiment trop con ton truc, Fuck, passe- moi une feuille, bitch!
J'arrachais une feuille de mon cahier, puis douze puis treize, vingt. Pas seulement des Sisters et d
es Hermanas , des américaines pures souches, des cheerokees me réclamèrent du papier comme des affamés du riz. Elles voulaient jouer elles aussi. On fit tourner les stylos
car on en avait récupéré que 7 qui marchaient encore. Il ne me resta plus aucune feuille dans mon cahier. Certaines ne savaient pas écrire, alors celles qui savaient , aidaient sans regarder
de quel gang venait l'autre. On partageait là un moment unique de camaraderie. Comme dirait Benjamin Castaldi, que du bonheur!.
Les matonnes arrivèrent et nous demandèrent de regagner nos cellules car les regroupements de plus de 20 personnes sont louches.
Le lendemain, j'étais convoquée dans le bureau du directeur.
Par Olga
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Publié dans : Mes histoires d'"amour"
Vendredi 21 décembre 2007
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